2010/07/08 - Homélie - Funérailles de Françoise
Introduction à la messe.
Françoise tu nous rassembles aujourd'hui, bien entendu dans le Christ dont tu étais disciple. Une vie toute remplie de sa présence aimante. D'origines picarde, normande et même italienne, c'est en région parisienne que tu passeras ta vie.
La rencontre avec Pierre à la fac de sciences et au centre Richelieu où un certain Aaron Jean-Marie Lustiger et Thomas Kowalski était des prêtres de références. Professeur de mathématiques, après avoir exercé quelques années, c'est à la famille que sera consacrée la totalité de ton temps ou presque.
Il en restera en effet toujours du temps et de l'énergie pour s'occuper des enfants dans la catéchèse, aussi bien à La Courneuve qu'à Epinay et Montmorency. Dans cette paroisse où nous nous sommes connus, tu étais aussi au Conseil pastoral et dans toutes les urgences, passant de simples coups de main ponctuels jusqu'à des remplacements plus durables. Et comment ne pas souligner ici ton engagement oecuménique en faveur du rapprochement entre catholiques et les autres chrétiens du Val d'Oise à toi qui a connu le Père Giraud, un des acteurs dans ce domaine du dernier Concile Vatican II .
Il y a eu aussi, les traversées de la France et les séjours dans le Jura (le pays de Pierre ton mari) et tant et tant de choses à dire sur ta capacité d'accueil à la maison, une paroissienne, une collaboratrice, une amie, une parente.
Passionnée par les fleurs, la musique roman policier, chaleureuse, attentive, exubérante, un caractère entier, énergique et le sourire....
Homélie
Les lectures nous plongent dans cette ambiance du recueillement de la vie. Elles nous sont comme de supports sur lesquels faire reposer sa mémoire. Accueillir dans nos souvenirs la façon dont elle manifestait dans sa vie cet amour qu'elle recevait de Dieu lui-même. Comment ? Tout en discrétion, sans fausse modestie, tout en confiance mais sans illusion, tout en action mais sans agitation. Toujours prête à proclamer la louange du Seigneur. Par quel chemin de la vie spirituelle faut-il passer pour en arriver là, par quelles rencontres faut-il se laisser façonner de la sorte, par quelle faiblesse faut-il être marqué pour exprimer une telle force?
Lors de la dernière participation en décembre dernier à l'équipe diocésaine pour les relations oecuméniques, Françoise nous a proposé comme prière un texte de l'Abbé Huvelin, le confesseur de Charles de Foucault. Je me permets de vous le lire, car je pense qu'il exprime le mieux pas seulement ce qu'elle vivait à ce moment-là, mais aussi comme elle décrivait ce qui est caché aux sages et aux savants et qui est révélé à ceux qui sans le savoir ont la sagesse d'être pleinement dans la vie.
L'âme chrétienne est invitée à diriger davantage ses pensées vers le Divin Maître, à mettre ses espérances de ce côté-là ; et, dans le vide, dans la tristesse qu'elle ressent, à se tourner vers le Sauveur afin qu'il l'aide, la soutienne si elle est dans la tentation ; pour être préservée dans la crainte ; rassurée si le noir se fait, si l'âme est dans l'obscurité à force de croire tout si difficile.
Voilà le sens de l'Avent. Temps de préparation à celui qui doit venir ; où l'âme se tourne vers lui, pour, dans sa misère, recevoir une part de la Miséricorde ; dans ses craintes, être consolée ; dans ses joies, pour être reconnaissante. C'est une invitation à se dire : " Vers lui il faut regarder ; de lui il faut vivre ; par lui seul je puis être sauvé ! " L'âme devrait vivre tournée vers Jésus, dans l'attitude des patriarches et des prophètes.
Que Jésus vous soit beaucoup. Qu'il vous soit quelqu'un avec qui tout prenne rapport ; quelqu'un dont vous vous souveniez pour aimer, pour craindre s'il le faut (il y a des moments où la crainte devient salutaire) ; quelqu'un avec qui les choses de la vie prennent leur vrai sens. Ainsi que nous rapportons tout à ce que nous aimons, l'âme chrétienne fait vivre en elle le Christ et vit dans l'attente de le voir de plus en plus. C'est la grande vérité que ces jours nous rappellent.
Henri Huvelin.
Méditation personnelle - TOUT EST GRATUIT
Ce matin, Seigneur, tout est gratuit,
Ta parole venant d'ailleurs,
D'ailleurs que de l'endroit où je suis,
Le soleil qui fait son oeuvre d'été
Et les pigeons voyageurs qui
Par leur roucoulement sonnent le tocsin
De la fin du transit
Tout est gratuit
Le bruit incessant des machines
De la civilisation à civiliser
Les odeurs des morts
Dont la vie est à revitaliser
Et les images de la folle attente de ta présence,
Surtout quand on n'ouvre plus les yeux
Tout est gratuit
La vie de Françoise qui
S'en est allée vers toi
Et la nôtre qui ne peut pas,
Ses souffrances qui séparent de l'au-delà
Et les nôtres, qui aujourd'hui,
Nous rapprochent de tout cela
Tout est gratuit
Dans le tourbillon de je ne sais quoi
Tout est gratuit
Aussi bien tous les " parce que... "
Que leurs jumeaux les " pourquoi " ?
Ce qui a été tout comme ce qui ne sera pas
Tout est gratuit
Indistinctement entre ce qui
Valait la peine et ce qui ne valait pas
Tant de bonheurs et tant de tracas
Tout est gratuit
Comme la foi
Et Françoise qui en avait tant
Et qui aujourd'hui
Sous nos yeux
gratuitement s'en va





