2011/02/04 - Méditation personnelle - A LA MEMOIRE D’UN AUMONIER DE PRISON.
Il était une fois, au coeur peiné,
Un écouteur d’un frère aîné
Aux sons qui lui parvenaient, attentif,
Aux oreilles de la part des plaintifs
Mais puisque les bruits ambiants de tant de gâchis
Et l’espace confinée d’une cellule avachie
Faisait résonner tout ce vacarme de pendules
Qui rabâchaient les oreilles des portioncules
Lui, l’écouteur a fini par laisser traîner
Depuis ce temps-là, les oreilles de son écoute
Dans la prison où les aînés
De la souffrance s’encroûtent
Lui qui apprenait à écouter la réponse de l’intérieur,
Comme écho à son toc, toc de doigts, une voix familière,
D’un reclus de la vie au cachot déposé un jour, une nuit,
Détenteur de la clef pour s’y enfermer en si bonne compagnie
Passait des heures à écouter ce qui ne serait jamais
Mis dans les rapports pour verser dans les dossiers
Ce qu’ils versent, eux, si facilement avec les larmes,
D’un destin taillé à la serpe et rendu à nu grossier
Il s’en sort avec une oreille abîmée à force de coller
Avec attention, l’effort, en vue d’une présence enrôlée
Que rien ne remplace ni derrière les grilles,
Ni sur l’échafaud où la croix brille
Là où le pardon ne se paye pas de mots
Parce qu’à haute dose ils se soignent de maux
Ils rattachent par les ficelles de leur espoir
Ce qui ne se donnait que comme grâce de croire





